Deconnexion
"Comme nous l’avons déclaré lors de la précédente réunion du 4 avril 2011 dont le sujet était le déroulement de carrière des Machinistes, je cite : « nous ne cautionnerons aucune forme de chantage ou demande de contrepartie en matière d’augmentation du temps de travail et du temps de conduite. Les organisations syndicales CGT, FO, SUD et UNSA ne s’engageront pas dans le travail d’un groupe qui viserait à ce que nous accompagnions des mesures de recul social dans un contexte ou les conditions de l’exercice de nos métiers sont déjà considérablement dégradées ».
Dans ces conditions réaffirmées ici, aujourd’hui, notre présence ne peut en aucun cas signifier que, pour chacune de nos organisations, l’augmentation du temps de conduite soit à l’ordre du jour.
De même qu’elle ne valide pas notre accord à nous engager dans un processus de négociations qui aboutirait, pour nos collègues machinistes, à une augmentation de la durée du temps de conduite et une aggravation des souffrances ressenties et/ou exprimées au quotidien.
Lors de cette dernière réunion, vous avez présenté un chiffrage du coût (20 M d’€uros) que représenterait les revendications de nos organisations syndicales en terme de déroulements de carrière et de parcours professionnel.
Vous oubliez soigneusement de présenter que le travail quotidien des 45000 femmes et hommes de notre entreprise, dont plus du tiers du Département Bus a contribuer à la réalisation d’un « chiffre d’affaire » de plus de 4 Milliard d’€uros en 2010 avec un excédant de recettes de 109 M€ par rapport à 2009.
Vous oubliez aussi soigneusement le coût en terme de structure et fonctionnement de la multiplications des réorganisations dont les ratios investissement/productivité ne sortent pas nécessairement positifs pour l’entreprise et en tous les cas pas pour les agents concernés. Il n’est que de voir le prix payé en terme de postes, notamment dans les catégories maîtrise/encadrement qui ont pour conséquence, pour les machinistes notamment, de boucher l’horizon en terme de promotion sociale.
Vous omettez de dire, comme nous vous le faisions remarquer lors de cette précédente séance que rien que pour 2009 et 2010, les gains de productivité en effectif machinistes se sont chiffré à plus de 400 suppressions d’effectifs, ce qui a contribué à une productivité au volant équivalente à 10 M d’€uros.
Le recentrage sur le cœur des métiers de la régulation avec la constitution des PCC en vue de la création du CRIV, l’externalisation des métiers de la vente , du contrôle contribuent à anéantir tout espoir de pouvoir s’accomplir dans un parcours professionnel par des mobilités choisis vers d’autres métiers connexes à la conduite.
Dans le même temps, ils accentuent la fracture dans les relations entre les différents acteurs de la chaîne de production du service et l’isolement des machinistes, seuls exposés aux situations de plus en plus complexes et aux risques d’atteintes à leur intégrité tant psychique que physique.
Cette situation génère un « mal vivre au travail », une souffrance quotidienne qui pousse à la démobilisation d’agents qui peu à peu ne voient plus le sens des missions qu’ils accomplissent chaque jour et la possibilité d’un avenir dans la RATP.
Quoi d’étonnant dès lors que :
L’inaptitude réelle représente aujourd’hui l’équivalent d’un dépôt de bus de 700 agents ;
Les démissions et les problèmes pour se situer dans son métier apparaissent de plus en plus tôt ; trois ans d’ancienneté pour certains ;
Que la gestion par objectifs de productivité conduisent à la multiplication des conflits entre encadrants et opérateurs ;
Que l’absence maladie soit stigmatisée dans le stricte objectif de culpabiliser les agents sur leur responsabilité dans l’atteinte ou non des résultats, avec les outils que sont SECUREX et l’entretien de ré accueil, de plus en plus mal vécus et contestés par les machinistes et leurs représentants.
Voilà les points qui, pour nos organisations syndicales sont le quotidien de nos collègues et sont à l’ordre du jour de ce que nous voulons porter au débat.
Nous ne partageons pas la volonté de l’entreprise d’intégrer les logiques que sous tendent l’instauration d’un marché concurrentiel du transport et selon ses seuls critères. La question de l’augmentation du temps de conduite en fait partie.
Pour nos organisations syndicales CGT, FO et UNSA, les Machinistes ne paieront pas deux fois leur déroulement de carrière et l’amélioration de leur métier par une productivité largement réalisée et son amplification au travers de l’augmentation du temps de conduite.
Nous prendront pour strictes informations les interventions de la Direction mais ne prendront pas part à un débat qui, selon nous doit poser comme préalable la qualité de la vie au travail, la reconnaissance du métier, de sa pénibilité et de la prévention des risques qui y sont afférents."