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Conseil d’administration de la CCAS Déclaration de rentrée de la CGT

En période de crise, ce que l’on attend des dirigeants, c’est le courage, l’exemplarité. Tout le contraire de ce gouvernement qui, avec lâcheté, au lieu de porter une réforme juste et globale de la fiscalité et, enfin, s’attaquer au financement de la protection sociale s’en prend par une taxe au contrat de santé solidaire. Créer un impôt sur la maladie est un pur scandale. Comme si on pouvait répondre à cette crise par une politique de la taxe !

Car cette crise reste, avant d’être financière et économique, une crise morale, éthique où celles et ceux qui devraient avoir pour seule conduite le bien commun, le vivre ensemble, ont abandonné toute résistance et continuent à abdiquer devant une prétendue loi du marché qu’ils ont contribuée à instaurer.

Le temps est venu de construire un autre modèle de développement pour maîtriser son présent et anticiper positivement son avenir car la moralisation du marché est une chimère, sa régulation une arme toujours en retard d’une guerre.

La CGT, avec l’ensemble du syndicalisme, exige le retrait de cette taxe sur les complémentaires santé et le retour à l’exonération totale de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance qui existaient jusqu’à fin 2010.

La bataille contre les dépassements d’honoraires n’est pas gagnée, bien au contraire. Alors, imaginez la brutalité de l’annonce de la nouvelle convention médicale où toute honte bue, l’assurance maladie va verser des primes au médecin. Des primes pour récompenser de bien faire son travail ! Troublant !

Tout aussi surprenant et inacceptable, des entreprises qui pour protéger leurs ventes prennent des risques sur la santé pour les autres. Mais avec un chiffre d’affaire de 3,6 milliards d’euros et en raison de sa grande proximité avec le monde politique, c’est vrai on ne touche pas au laboratoire Servier on va même jusqu’ à récompenser son fondateur en lui remettant le grand croix de la légion d’honneur en janvier 2009 alors même que dés 1999 les premiers signes d’alerte sur la dangerosité du produit étaient donnés. La question de l’indépendance du régulateur face aux industriels et politiques est à nouveau posée. Il est grand temps d’y apporter une réponse.

La publication du rapport annuel de la cour des comptes et la présentation dramatique des comptes de la Sécurité Sociale font apparaître un total de 29,8 milliards d’euros de déficit qui aurait atteint en 2010 un niveau historique, triplant de volume en deux ans. Un rapport qui cible les dépenses de médicaments, l’hôpital en particulier les CHU, les modalités de prise en charge des soins à 100 % mais qui oublie notamment de mentionner un déficit en lien avec qui s’accentue tout autant que le chômage, rappelons que la création de 100 000 emplois représente environ 1,5 milliard d’euros de rentrées chaque année pour la sécurité sociale.

Pour finir, sous le prétexte de financer la réforme de la garde à vue, le gouvernement qui décide d’introduire des frais de justice en créant le timbre de 35 euros. Cette mesure impacte la plupart des procédures judiciaires et plus particulièrement celles du travail prud’hommes, TASS et TCI. Cette mesure adoptée avec la loi des Finances le 29 juillet, entrera en vigueur le 1er octobre et ce malgré la précipitation dans laquelle elle a été promulguée et les vices de procédures de contrôle de l’utilisation des fonds collectés par l’Etat, etc…. nouvelle mesure intolérable puisque contraire au principe d’égal accès à la justice pour tous, édictée à l’article 6 de la convention européenne des droits de l’homme qui garanti ce principe et qui revient a devoir s’acquitter d’une taxe pour obtenir réparation d’un préjudice subit. Là encore, la CGT exige le retrait de cette taxe de 35 euros et d’ores et déjà appelle les salariés et tous ceux pour qui le mot justice a encore un sens, à exiger par tous les moyens l’abrogation de cette loi liberticide.

Comment ce gouvernement va-t-il justifier ces milliers d’euros pour quelques-uns et les taxes pour la majorité, cette majorité, qui se lève tôt, travaille, produit et prend conscience de l’imposture

Oui, le syndicalisme, la CGT est en colère car ce sont les pauvres que ce gouvernement maltraite. Les 6 et 11 octobre 2011 seront des moments de rassemblements, où à la dictature des marchés, des agences de notation, du mépris gouvernemental, nous opposerons notre détermination.


le 27 septembre 2011 Haut de page Imprimer cet article
   
   
   
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