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Les salariés n’ont pas à payer le prix de la crise actuelle Crise financière, il n’y a pas de fatalité. La crise actuelle est de grande ampleur et pourrait se prolonger. Elle n’a cependant rien à voir avec une fatalité qui s’abattrait sur nos sociétés. Les salariés n’ont pas à en payer le prix. Il est possible de mettre en oeuvre des réponses efficaces.

Revenons sur le diagnostique sur lequel on pourrait être tenté de passer bien vite. "c’est la faute au système financier", entend-on depuis quinze jours, comme si le système financier n’était pas partie intégrante du système économique.

Il ne s’agit pas d’un "dérapage" mais de l’exacerbation des contradictions d’une logique de développement qui avait prétendu s’imposer depuis 25 ans à partir des États-Unis. La croissance financière n’est que l’autre face de la pression structurelle qui s’exerce sur l’emploi, les salaires, la production, les conditions de travail. La dimension mondiale des ébranlements frappant la finance et l’économie signe l’échec structurel de ces politiques.

Prétendre qu’on va résoudre les problèmes en "moralisant les comportements financiers" n’est qu’une illusion. Depuis vingt ans, nous avons connu plusieurs crises financières qui ont été suivies à chaque fois d’une vague de régulation. À chaque fois, la spéculation a repris de plus belle sous de nouvelles formes.

Face à la crise, il faut créer les conditions d’une nouvelle logique de développement économique. Il ne s’agit pas de "casser les reins à la finance" comme on le voit écrit ici ou là mais de la mettre au service d’une politique sociale de croissance.

Aujourd’hui, les états mobilisent des centaines de milliards de dollars et d’euros de fonds publics pour tenter de juguler la crise. Ils annoncent l’étatisation de banques afin d’éponger leurs pertes colossales. L’intervention publique est nécessaire, mais la question est de savoir si elle doit sauver le système financier pour permettre à la spéculation de perdurer ou si elle doit favoriser une croissance fondée sur le progrès social.

Pour cela, il faut amplifier la démarche revendicative, à l’image du 7 octobre. Il faut aussi articuler les revendications à des propositions la sécurité sociale professionnelle, une politique industrielle moderne, la création d’un pôle public financier...

La crise inquiète, c’est légitime. Mais elle doit aussi être l’occasion de marquer des ruptures sur des questions essentielles. La mobilisation est plus que jamais à l’ordre du jour.


le 11 octobre 2008 Haut de page Imprimer cet article
   
   
   
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