Deconnexion
La direction de la RATP a refusé de les recevoir, a refusé le dépôt de leurs dossiers et a demandé l’évacuation de ces salariés par les forces de police.
Ce sont les images et reportages diffusés largement sur internet et plusieurs chaines de télévision à l’automne dernier qui, en montrant les conditions de travail d’un autre âge de « ces porteurs de seaux de bitume », avaient contribué à modifier l’image des travailleurs sans papiers dans la population française.
La direction de la RATP ne pouvait pas ignorer cette réalité, ce travail s’effectuant y compris pendant le passage de rames de métro.
Aujourd’hui, au niveau national, suite à la grève de plus de 6 000 travailleurs sans papiers depuis le 12 octobre 2009, le ministère de l’Immigration a édité le 18 juin des textes définissant des critères de régularisation nationaux pour les travailleurs sans papiers, et permettant aux grévistes de reprendre dès maintenant leur travail.
Ils s’appliquent aussi aux travailleurs d’ASTEN.
La RATP, grande entreprise publique nationale, devrait être exemplaire et doit assumer ses responsabilités légales, morales et sociales de donneur d’ordres, en embauchant plusieurs de ces salariés, et en contribuant à l’embauche des autres par son sous-traitant direct.
L’édition en février 2010 d’un document interne à la RATP (ig504), régissant les règles de contrôle et procédures de suivi de l’utilisation de main d’œuvre dans la sous-traitance est la reconnaissance d’une réalité économique par cette direction qui jusqu’alors, ne s’en était visiblement pas inquiétée.
Se définir comme une « entreprise citoyenne » ne peut pas être une simple « opération de communication ».
De nombreuses entreprises privées, dont de très grandes, ont déjà décidé d’embaucher directement des travailleurs sans papiers grévistes, issus de leur sous-traitance.
Pourquoi pas la RATP ? Cela ferait honneur à son statut d’entreprise publique nationale de service public.
Paris, le 16 juillet 2010